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Annales de la colonisation algérienne. Tome 8

Peut Hippolyte
publié en 1855

En 1855, la colonisation française de l’Algérie connaît, selon les observations et statistiques réunies dans ce volume, une phase de diversification économique et d’expérimentation agricole. L’Exposition universelle de Paris constitue un important moyen de faire connaître les productions algériennes : céréales, cotons, tabacs, huiles, vins, laines, fruits, produits forestiers, minerais et objets artisanaux y sont représentés. Les exposants proviennent des trois provinces et comprennent aussi bien des Européens que des producteurs et collectivités indigènes.

L’agriculture demeure le principal domaine d’attention. Les rapports consacrés aux provinces d’Alger et d’Oran étudient les méthodes de culture, les rendements et les possibilités d’adaptation de différentes espèces. Le tabac occupe une place particulière : la récolte de 1854 atteint près de 2,94 millions de kilogrammes et la superficie cultivée comme le nombre de planteurs progressent en 1855. La Régie entend toutefois limiter ses achats à ses besoins, ce qui conduit à envisager davantage la consommation locale et l’exportation.

Le coton fait également l’objet d’expériences nombreuses, mais les résultats apparaissent plus irréguliers. Sa culture exige des sols adaptés, des labours profonds, une main-d’œuvre abondante et, souvent, l’irrigation. Le volume examine parallèlement la pomme de terre, la garance, le lin, la vigne, l’olivier, la canne à sucre, les plantes textiles et l’élevage ovin. Les problèmes phytosanitaires et les conditions techniques de production sont étudiés avec une attention croissante.

Une autre dimension importante concerne l’élevage et les usages militaires du cheval d’Afrique. Les expériences de la guerre de Crimée sont mobilisées pour évaluer la résistance des chevaux barbes et arabes au froid, aux privations et aux fatigues. Le volume examine également les pratiques d’élevage et de sélection rapportées par le général Daumas et Abd el-Kader.

Enfin, le développement de la colonisation est associé à l’implantation de nouveaux colons, à la création d’usines, à l’exploitation des ressources minières et forestières et à l’amélioration des échanges. L’ensemble témoigne ainsi d’une économie encore en construction, où l’agriculture, l’industrie, l’élevage et l’immigration européenne sont envisagés conjointement comme les principaux leviers du développement de l’Algérie.